MARMITE FM 88.4

Prenez le micro, c'est votre radio!

10 octobre 2008

Fréquence BD

DSC_0026Affiche_Fr_quence_BD_2

Ici retrouvez régulièrement quelques unes des dernières chroniques d'Albert Drandov...

mais pour mieux le connaitre commençons par une petite interview :

DE L’AUTRE COTE DU MICRO
Scoop : notre chroniqueur BD, Albert Drandov, fait des bulles. A l’antenne, mais aussi en album. Sa dernière livrée, comme scénariste, a failli passer inaperçue. Failli seulement…

Alors comme ça, en plus de tes chroniques sur Marmite FM, tu nous fais des BD en cachette ?
Bah oui, il faut bien se nourrir ! Sérieux… cet album est le résultat d’un projet de cinq syndicats européens qui souhaitaient parler des effets des délocalisations et des restructurations sur la santé des salariés. En Espagne, en Grande Bretagne, en Hongrie, en Bulgarie et en France. Grâce à un financement de l’Union européenne, la BD était destinée à être distribuée gratuitement (en cinq langues et à 20 000 exemplaires) auprès des délégués du personnel, des délégués syndicaux et de tous les salariés qui sont sensibles à cette thématique. L’homme qui est à l’origine de cette idée, un moujik nommé Pierre Coutaz, m’a contacté après avoir lu ma BD « Amiante, chronique d’un crime social ». Il voulait un scénariste qui ait un regard, disons pas trop syndicalo -syndical. Le défi était donc d’écrire cinq histoires sur cinq pays différents.

Et t’as plongé ?
Yes sir ! Les auditeurs l’ont sûrement remarqué depuis le temps, je suis un accro de la BD…on va dire « sociétale ». De la BD ancrée dans le réel, qui témoigne, de façon sérieuse ou ludique, de notre époque. Donc, ça tombait pile poil avec ce que je faisais déjà dans la revue Casemate, en compagnie du dessinateur Damien Roudeau, à savoir des reportages BD sur la Justice, la police, la crise du logement, l’écologie, des luttes sociales etc.

C’est quoi le plus dur dans un projet pareil ?
Vu le nombre de partenaires, et leur diversité, c’est de pouvoir définir un cahier des charges précis et ne pas se faire censurer ou, pire, ne pas glisser dans l’auto -censure. On m’a alors dit que les syndicats voulaient juste disposer d’un support original qui provoque le débat sur ce thème. Que les lecteurs seraient des salariés, en gros, de 35-50 ans. J’ai donc eu carte blanche pour mes scénarios. Après, c’est sûr, quand on a craché sa copie, on tombe toujours sur un grincheux du comité de lecture international qui n’aime pas tel prénom, qui souhaite que tel personnage ne fume pas, que « la dame dans la case 7 soit dessinée plus mince » etc. Là, on discute ou on fait le mort…

Justement, pourquoi un dessinateur différent par histoire ?
Pour que chaque histoire ait sa propre identité. Exemple : Marion Duclos, une débutante talentueuse de Bordeaux, a un style semi-réaliste qui collait bien avec mon histoire urbaine de jeunes travaillant dans un centre d’appels téléphonique. Oriol Hernandez, un jeune espagnol qui devrait rapidement explosé, a été champion pour nous faire un petit gamin ibérique qui veut devenir « Super G », le superman de la grève ! Etc.
Et on la trouve où ta BD ?
On ne la trouve pas. Ou plutôt on ne la trouve plus ! Les 10 000 exemplaires destinés au partenaire français sont partis en un mois. Le public visé s’est jeté dessus comme la vérole sur le bas clergé ! Il faut dire que la BD arrive à un moment ou les délocalisations et les restructurations pleuvent. On parle d’un éventuel retirage. Même chose pour la version espagnole.

Qu’est-ce que tu nous mijotes après ça ?
Là, je suis en train de terminer un album, avec le dessinateur brestois Franckie Alarcon, sur les essais nucléaires français dans le Sahara et en Polynésie. Et je mouline du cervelet sur trois autres BD, toujours sur des histoires de notre époque. Mais que la foule en délire se rassure: je ne lâche pas ma chronique BD sur Marmite FM.

Propos recueillis par Nouraddine Agne

           

Posté par Marmite FM à 10:16 - Ecoutez Fréquence BD - Commentaires [0] - Permalien [#]
« Accueil  1